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rassemblement piste
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Un rassemblement de personnes qui chantent, dansent dans leurs habits de fête et expriment leur joie. C’est ainsi que les pilotes Richie Axon et Paul Woodington ont été accueillis lors du premier atterrissage, après 22 ans d’isolement à Yalum. C’est une région de Papouasie Nouvelle Guinée.  La piste d’atterrissage avait été fermée en raison de troubles civils. Mais le besoin et l’envie d’avoir une porte ouverte grâce à l’avion ont poussé les gens à se parler à nouveau. C’est dans le cadre de pourparlers de paix qu’un rassemblement des responsables de villages a eu lieu. Ils se sont mobilisés pour dégager la piste, la nettoyer afin que la MAF puisse à nouveau servir la communauté.

Premier atterrissage

C’est par une belle matinée ensoleillée que les pilotes ont préparé l’atterrissage d’essai de Yalum. La piste d’atterrissage avec ses 450 mètres et sa pente de 2,4 % est un grand défi. En effet sa configuration limite la charge de l’avion et exige certaines mesures de sécurité. La RAA (Rural Airstrip Authority) avait fait une étude un mois auparavant. Mais les pilotes devaient confirmer la longueur et l’absence d’obstacles sur la piste. Richie Axon décrit l’événement avant l’atterrissage :

« Nous avons pris notre temps pour faire le tour de la piste d’atterrissage et nous orienter. Nous avons effectué deux passages d’inspection à basse altitude. En effet il s’agit d’examiner la piste d’atterrissage sous tous ses angles. Ensuite, j’ai effectué une approche et un tour pour évaluer ce qui serait notre “point d’attache”. Puis Paul Woodington a effectué le premier atterrissage ».

Un travail surprenant

Yalum est située dans la province d’Enga et compte environ 10 à 12 000 personnes vivant dans les huit villages alentours. Peter Pyandea, de RAA, était l’un de ceux qui ont mené l’étude avant l’atterrissage d’essai. Il raconte qu’il a fallu une journée entière de route depuis Goroka pour atteindre Laiagam, la ville la plus proche. Ils y ont passé la nuit avant de continuer le lendemain pour une heure de voiture. Et après 7-8 heures de marche ils ont atteint la piste d’atterrissage de Yalum.

« Je m’attendais à voir des arbres et des buissons pousser mais j’ai été vraiment surpris de voir que la piste d’atterrissage était propre », dit-il. « C’était bien mieux que ce à quoi je m’attendais ».

Le rassemblement de la communauté a permis de débarrasser la piste d’atterrissage de l’herbe et des arbres. Elle a également installé une clôture. Les seules remarques formulées lors de l’enquête concernaient la nécessité de mettre du gravier meuble et de déplacer un peu la clôture.

« La communauté a fait la plupart des travaux, ce qui montre bien qu’elle a besoin de cette piste d’atterrissage », explique Peter.

Une histoire de rassemblement

Les villages autour de Yalum souffrent de troubles civils depuis de nombreuses années. En effet, c’est lorsqu’un groupe d’hommes armés a tenté de prendre d’assaut l’avion pour attaquer un passager qu’ils considéraient comme leur ennemi, que la piste d’atterrissage a été fermée. C’était il y a plus de 20 ans. Heureusement, la tentative d’attaque a échoué et la police est intervenue. Mais avec les difficultés et la méfiance ont fait que la piste d’atterrissage est restée fermée jusqu’à aujourd’hui. Les gens ne voulaient plus vivre dans l’isolement. Après les encouragements et la pression de quelques leaders clés, un rassemblement des villages a eu lieu l’année dernière. C’est alors que des pourparlers de paix ont commencé pour un réel changement. Et ensemble, ils ont défriché et préparé la piste d’atterrissage.

Des responsables engagés

Quand la MAF a atterri ce vol d’essai, la communauté attendait en chantant fort.

« Nous avons été accueillis avec des poignées de main et des sourires de la part de certains dirigeants. Il était évident que beaucoup de travail avait été fait par les responsables de l’église locale. Les leaders des villages n’arrêtaient pas de dire combien ils appréciaient la réouverture de la piste », raconte Richie.

La piste d’atterrissage étant courte, cela limite le nombre de personnes et de marchandises pouvant être transportées par avion. En conséquence le village a été encouragé à travailler avec la RAA pour essayer d’étendre la piste. Cela ouvrira d’autres possibilités de transport par avion, et améliorera le quotidien dans ces villages.

Récit : Annelie Edsmyr – Photos : Paul Woodington

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