Une nouvelle vie pour Lilian


Lilian peut enfin laisser derrière elle un passé traumatisant après que la MAF l’a transportée à l’hôpital pour y subir une intervention chirurgicale, afin de traiter le mal dont elle souffrait depuis la naissance de son premier enfant à l’adolescence.

Histoire par Donovan Palmer

Lorsque Lilian, originaire de l’Équatoria-Occidental, s’est envolée vers la capitale du Soudan du Sud, Djouba, à bord d’un avion de la MAF pour se faire opérer d’une fistule, elle était souriante et pleine d’espoir, bien qu’elle vive avec cette condition invalidante depuis des décennies.

« J’ai eu cette fistule en 2003, en donnant naissance à mon premier enfant alors que je n’avais que 16 ans. Je suis restée presque un an et demi à l’hôpital. Les médecins m’ont aidée en me donnant du savon et des vêtements. Je n’avais nulle part où aller parce qu’ils ne pouvaient pas résoudre mon problème », raconte-t-elle.

Lorsqu’elle a enfin pu quitter l’hôpital, Lilian n’a eu d’autre choix que de vivre seule et de subvenir elle-même à ses besoins.

« Je n’ai vécu avec mon mari que moins de deux ans. Je n’ai pas eu d’autres enfants. Mon père est mort quand j’étais jeune. C’est d’ailleurs au moment où je subissais ma première opération pour tenter de soigner cette fistule que ma mère est décédée. Depuis 22 ans, je vis complètement seule », confie cette femme aujourd’hui âgée de 38 ans.

« Je gagne ma vie en cultivant mon jardin. Mais je suis incapable de porter mes récoltes jusqu’au marché. Je les confie à d’autres pour qu’ils aillent les vendre à ma place », explique Lilian, faisant preuve d’une ingéniosité et d’une résilience admirables face à des épreuves inimaginables.

Après avoir voyagé avec la MAF pour recevoir son traitement, Lilian a hâte de commencer ce nouveau chapitre de sa vie.

« Avant, je souffrais tellement. Je ne pouvais pas sortir ni être au milieu des autres. Pour l’avenir, j’espère réussir à me réconcilier avec ceux qui m’avaient abandonnée et rejetée. J’espère que nous pourrons nous retrouver. J’espère aussi que je pourrai jouir d’une bonne santé », explique-t-elle.

« Je tiens à dire du fond du cœur merci à tous ceux qui ont rendu tout cela possible pour m’aider à guérir. Je sens que le traumatisme et la douleur s’apaisent grâce aux soins que j’ai reçus. Je sais aussi que si jamais cette opération ne suffit pas, je pourrai revenir. Je leur en suis si reconnaissante. »

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