Grâce à un vol de la MAF et à l’intervention de Medair, une fillette gravement atteinte de paludisme et de malnutrition a pu être soignée après le déplacement de sa famille, fuyant un conflit violent au Soudan du Sud.
Par Suzie Anyuat Williams
Davies

Lorsque de violents combats ont éclaté dans le comté d’Akobo, dans l’État de Jonglei, ils ont brisé les lignes de vie reliant des milliers de familles vulnérables au reste du pays. Pendant plus de deux mois, l’accès a été si restreint qu’aucune aide n’a pu parvenir sur place, laissant plus de 200 000 personnes déplacées prises au piège d’une crise humanitaire qui s’aggravait de jour en jour. Les habitations ont été pillées, les systèmes d’eau détruits, les structures de santé réduites à néant.
Pour Nyatong, 20 ans, mère de trois enfants, le conflit a marqué le début d’une fuite éprouvante hors du Soudan du Sud.
« En Éthiopie, la survie était très difficile, raconte-t-elle. Il n’y avait ni nourriture, ni abri, ni lits, ni couvertures. Nous devions dormir dehors, sous les arbres. »

Exposée à ces conditions extrêmes, sa fille Nyalam, âgée de 12 mois, contracte le paludisme et sombre dans une sévère malnutrition.
« Quand j’ai vu que mon enfant était malade, j’étais très inquiète. J’ai cru qu’elle allait mourir », confie la jeune mère.
De retour à Akobo pour chercher de l’aide, Nyatong découvre que les structures de santé locales ont été pillées et détruites. Impuissante face à la fièvre, aux diarrhées et aux vomissements qui affaiblissent Nyalam un peu plus chaque jour, elle sombre dans le désespoir.
La saison des pluies menaçait de couper totalement l’accès routier, mettant en péril le transport de matériel pour les agences humanitaires.
« Sans transport aérien, nos opérations sont fortement impactées », explique Richard Lloyd, responsable logistique de Medair au Soudan du Sud. « Le défi des routes, c’est que nous entrons dans la saison des pluies. »
Pour des mères comme Nyatong, l’arrivée de la réponse médicale d’urgence de Medair, acheminée par la MAF, a fait toute la différence entre la vie et la mort.
Elle conduit Nyalam directement vers le centre de stabilisation nouvellement soutenu, s’accrochant à un dernier espoir : que les médecins et infirmières parviennent à sauver son enfant. Sur place, Nyalam reçoit des soins continus, une alimentation thérapeutique et une prise en charge attentive. Les équipes soignantes veillent à ce que mère et fille soient nourries, en sécurité et accompagnées tout au long du rétablissement.
« Il était vraiment essentiel que ces stocks arrivent, car ils permettent d’ouvrir les centres de stabilisation, souligne Richard. Les jeunes enfants d’un mois à cinq ans, gravement sous-alimentés, y sont accueillis. Le rétablissement peut être très rapide, mais il fallait que ce matériel arrive à Akobo au plus vite. Cela sauve littéralement des vies. »
Au fil des jours, la fièvre de Nyalam retombe. Son énergie revient, elle reprend du poids. Au moment de sa sortie, la petite fille fragile arrivée au bord du gouffre s’est transformée en une enfant souriante et pleine de vie.
« Elle a repris du poids, elle va mieux. C’est bien meilleur qu’à notre arrivée », partage une Nyatong soulagée, le regard rempli d’espoir. « Je suis heureuse de cette guérison. Je suis très reconnaissante des soins donnés à ma fille et du soutien que j’ai reçu. »
Sans la MAF, atteindre les communautés isolées et vulnérables du Soudan du Sud en pleine crise serait quasiment impossible.
« Le partenariat de confiance entre la MAF et Medair a été essentiel. Grâce aux services offerts par la MAF, nous avons pu poursuivre nos opérations tout en restant flexibles et réactifs face à l’évolution de nos besoins », conclut Richard Lloyd.
En maintenant les airs ouverts et en permettant à des acteurs comme Medair d’atteindre les zones où les besoins sont les plus grands, la MAF joue un rôle vital dans chaque vie sauvée, chaque enfant rétabli, chaque famille à qui l’on offre une seconde chance.