Du Burundi au Soudan du Sud : une aventure missionnaire

Les missionnaires Jean Thierry Nshimirimana et Moise Nsengiyumva se sont envolés vers la région reculée de Torit pour commencer une année d’apprentissage intense dans le cadre du programme « Inbound » de l’organisation Africa Inland Mission.

Un article de Jenny Davies

Jean Thierry et Moise ont d’abord pris un bus au Burundi pour effectuer un périple terrestre de deux jours et de 1 250 kilomètres, reliant Bujumbura à Nairobi. À partir de là, les options de transport se sont réduites.

En montant à bord d’un avion de la MAF, ils ont effectué un vol de 2 h 30 jusqu’à Torit, au Soudan du Sud, entamant ainsi leur année d’orientation « Inbound » avec Africa Inland Mission.

Avant même d’arriver, le Soudan du Sud tenait déjà une place particulière dans le cœur de Jean Thierry.

« Lorsque j’étais à l’école de mission, je priais pour le Soudan du Sud sans savoir pourquoi », confie-t-il.

« Moise et moi priions dans la même église et nous avons suivi ensemble la même formation missionnaire. Nous avons décidé de partir à deux afin de pouvoir nous soutenir mutuellement », explique Jean Thierry.

Au cours de leur formation, Moise a été fasciné de découvrir ce que sont les « groupes ethniques non atteints » : des populations où l’Église compte si peu de croyants que, sans aide extérieure, la majorité des habitants n’entendraient jamais parler de l’Évangile. Un petit groupe de ces populations non atteintes se trouve précisément dans les zones rurales de l’Équatoria-Oriental, autour de Torit.

« Au Burundi, je dirais que 80 % de la population a déjà entendu l’Évangile », ajoute Moise. « On peut l’entendre à la radio. Nous avons beaucoup entendu parler de ces groupes non atteints où le message est tellement nécessaire. Je me suis dit : “D’accord, si Dieu peut m’ouvrir la porte vers un endroit où il y a un réel besoin, j’irai pour apporter la Bonne Nouvelle à ces personnes.” »

Pendant l’année à venir, le binôme qui travaillait auparavant dans l’informatique et le développement communautaire, va s’immerger à temps plein dans l’apprentissage de la culture des communautés qu’ils espèrent accompagner.

Le Burundi, nation montagneuse d’Afrique centrale et orientale, possède une économie agricole et une démographie comparables à celles du Soudan du Sud, mais les ressemblances s’arrêtent là. Les différences touchent à l’alimentation, à la langue, mais aussi au réseau routier, qui permet de se déplacer facilement dans ce petit pays africain, contrairement au Soudan du Sud.

En participant à des actions de terrain, ces futurs missionnaires apprennent en pratiquant.

« Tous les vendredis, je me rends dans le village de Lebalwa pour animer des études bibliques », raconte Jean Thierry. « Au début, nous ne réunissions que les enfants. Les habitants nous ont dit : “Nous n’aurons rien à manger si nous n’allons pas aux champs pour cultiver notre sorgho.” Après avoir entendu cela, nous avons décalé le programme, car le vendredi après-midi, ils ont du temps. Après avoir relancé les études bibliques, j’ai vu des anciens nous rejoindre. De plus en plus de personnes viennent aussi participer aux offices le dimanche. »

Son compagnon de mission, Moise, s’est rapproché des jeunes pour comprendre leurs espoirs et leurs rêves.

« C’est une bonne chose d’investir auprès des enfants et de la jeunesse. Si l’on veut une Église solide à l’avenir, il faut bâtir de bonnes fondations avec les jeunes », ajoute-t-il.

En se tournant vers l’avenir et en essayant de discerner ce qui l’attend, Moise se sent stimulé par le défi.

« Cette année sert à nous préparer au terrain missionnaire futur et à atteindre les villages situés en dehors de Torit », dit-il. « S’il y a des besoins à 8 km de Torit, imaginez à 11 km ? Et à 20 km ? Il y a tant à faire ! Le travail est bien plus vaste que je ne le pensais. Ici, il y a beaucoup de populations non atteintes. Cela me passionne ! Merci pour ce que fait la MAF. Cela rend les voyages et les déplacements beaucoup plus faciles pour le travail que nous accomplissons. Merci pour le soutien que vous apportez à l’œuvre dans ces régions isolées. »

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