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Conversation Avec Charlie Brown
Conversation Avec Charlie Brown
Conversation Avec Charlie Brown

J’avais seulement entendu parler de Charlie Brown, mais ce que j’avais entendu était étonnant. Non, il ne s’agit pas du Charlie Brown de la bande dessinée. Charlie Brown est un missionnaire qui travaille à Kimatong, au Sud Soudan.

Je ne pouvais pas attendre de le rencontrer, je savais que notre conversation serait formidable. Alors, imaginez-vous, installés sur le siège d’un Cessna Caravan, vous, Charlie et moi. Et tout cela quelque part dans le ciel du Sud Soudan.

L’installation à Kimatong

Karyn : Que faites-vous à Kimatong?

Charlie : J’y travaille avec World Mission. Nous construisons des maisons pour une équipe de l’AIM (Mission Intérieure de l’Afrique).  Elle va venir pour travailler au milieu du peuple de l’ethnie Lariim. AIM a déjà un couple et plusieurs célibataires à Kimatong. L’équipe d’AIM vient partager l’Evangile à ce peuple. Il n’y a pas d’église ici, l’Évangile est inconnu.

Karyn : Pendant que vous construisez les maisons, où demeurez-vous ? Quelles sont vos conditions de vie ?

 Charlie : Je vis dans une tente, je dors sur un matelas à même le sol. C’est bon pour mon dos. Je mange principalement des haricots et du riz. Parfois, nous avons des pommes de terre ou des spaghettis. Nous avions internet et la téléphonie mobile, mais elle est en panne depuis quinze jours. Je ne savais même pas si l’avion de la MAF venait aujourd’hui. Pas moyen d’avoir une conversation téléphonique avec qui que ce soit. J’espérais vraiment que vous viendriez.

Le transport, un soucis permanent

Karyn : Comment pouvez-vous apporter vos provisions, vos matériaux ?

Charlie : (Avec un grand sourire sourd et un sourire gentil). C’est la partie la plus difficile. C’est vraiment dur. Notre projet s’est arrêté à plusieurs reprises parce que nous avons de la difficulté à apporter les fournitures. Les routes ici sont mauvaises. J’ai travaillé comme bûcheron dans le Montana, donc j’ai vu des routes en mauvais état. Mais ici au Sud Soudan … elles sont mauvaises, mauvaises, mauvaises. Nous avons envoyé des matériaux par camions, mais il y a beaucoup de banditisme, trois personnes ont été tuées. Il a fallu beaucoup d’effort pour amener un camion de sacs de ciment.

Karyn : Comment avez-vous voyagé pour la première fois jusqu’à Kimatong ?

Charlie : (Avec un autre grand sourcil levé, un demi-sourire, en secouant la tête). J’ai voyagé par la route. (Une longue pause dans notre conversation, et un sourcil encore plus grand). Mais nous avons ouvert la piste d’atterrissage à Kimatong. J’ai travaillé avec 20 gars du village, nous avons retiré les souches d’arbres de la piste. J’étais heureux quand nous avons enfin pu ouvrir la piste d’atterrissage pour la première fois.

L’avion arrive à Kimatong

Karyn : Et comment s’est passé ton premier vol pour Kimatong ?

Charlie : (Avec un large sourire cette fois). Le vol de Kimatong était une “belle expérience“. C’était très probablement son plus grand euphémisme de l’année.

Karyn : A part les maisons que vous construisez, qu’y a-t-il d’autres à Kimatong ?

Charlie : Pour les habitants de cet endroit, rien, absolument rien. Il y a quelques pompes à main pour l’eau. Mais c’est tout. Ils disent qu’il y a environ 2 300 familles ici. Cela représente environ 10 000 personnes. Pas une bicyclette, pas une toilette pour tout le village. À l’heure actuelle, c’est la saison sèche, donc il n’y a même pas de nourriture. Ils cueillent les feuilles des arbres pour se nourrir.

Quel espoir ?

Karyn : Comment les villageois vous ont-ils reçu ?

Charlie : J’ai reçu un accueil très chaleureux.

Karyn : Quel est votre rêve pour les gens de Kimatong, qu’est-ce que vous désirez pour eux ?

Charlie : Il y avait un type nommé Lakota. Je m’en souviens parce que ça rime avec Dakota. Il ne connaissait pas l’anglais, sauf deux mots « Good Morning ». Et il me disait avec enthousiasme « Good Morning » à chaque fois qu’il me voyait. Je suis parti de Kimatong pour Noël. Quand je suis rentré, j’attendais le « Good Morning » de Lakota. Mais il n’était pas là. Les villageois m’ont dit qu’il avait été tué lors d’une attaque pour du bétail. Les gens se tuent pour des vaches. Il y a trop de veuves, trop de parents qui ont perdu des enfants. Lakota avait besoin de connaître l’Evangile, les gens de Kimatong ont besoin de l’Evangile, ils ont besoin de Dieu ….

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