Quand des complications à l’accouchement ont mis en danger la vie d’une mère et de son bébé, l’espoir semblait mince dans une communauté coupée de tout accès hospitalier. Mais une équipe de médecins en visite, transportée par la MAF, se trouvait au bon endroit au bon moment.
L’accès aux soins de santé reste extrêmement limité dans les régions reculées de Madagascar. Vivre le long de la rivière Mangoky, l’une des plus grandes voies d’eau du pays, signifie que rejoindre l’hôpital le plus proche peut prendre plusieurs jours, à travers un terrain dangereux.
Trop souvent, c’est l’isolement qui décide de la vie ou de la mort.

Pour Nomenisoa Christine, jeune femme enceinte, un accès rapide à un hôpital mieux équipé pouvait être la seule issue.
Nomenisoa venait d’entrer en travail lorsque des complications sont apparues rapidement, laissant craindre la nécessité d’une césarienne d’urgence. L’hôpital de district ne pouvait pas pratiquer l’intervention, et plusieurs jours de trajet auraient été nécessaires pour qu’elle obtienne les soins requis.
C’est alors qu’un appel urgent est arrivé, tard dans la nuit.
« Lorsque j’étais à l’école de mission, je priais pour le Soudan du Sud sans savoir pourquoi », confie-t-il.
Quelques heures plus tôt seulement, les pilotes de la MAF, Wouter Nagel et Rutger Bakker, avaient déposé l’équipe médicale de HoverAid au cœur de cette région isolée. Des médecins qualifiés se trouvaient donc déjà sur place lorsque l’appel a retenti.

L’équipe venait tout juste de terminer d’installer les tentes pour la nuit. Mais dès qu’elle a appris qu’on avait besoin d’elle, elle a rassemblé son matériel et s’est rendue directement à l’hôpital.
En examinant la patiente, les médecins ont découvert que le bébé se présentait en position transverse, rendant l’accouchement dangereux.
« Nous ne pouvions pas attendre, a expliqué Richard. Le bébé était en danger, il fallait agir. »
Les conditions étaient difficiles. La nuit était déjà tombée sur Beroroha, et l’éclairage limité. Un générateur a été installé, le matériel déballé en urgence, et chaque décision devait être prise dans l’instant, le temps jouant contre l’équipe.
Avec le soutien du personnel local, l’équipe a repositionné le bébé avec précaution et assisté l’accouchement.
« Ici, on comprend très vite que l’accès à la santé est essentiel, souligne Andy Mayo, directeur technique et du développement de HoverAid UK. Parfois, il n’existe tout simplement aucune autre option pour ces personnes. »
Le nouveau-né montrait peu de signes de vie, inerte, la respiration à peine perceptible. Pendant un instant, tout le monde a craint le pire. Puis un cri a retenti dans la pièce, et le soulagement a envahi l’espace. Une vie venait d’être sauvée.
Dès le lendemain, la mère et le bébé se portaient bien, et toute inquiétude s’était dissipée.
« C’est mon troisième enfant, a confié Nomenisoa. Après tout ce qui s’est passé, j’ai voulu l’appeler Avotra. »
Ce prénom signifie « sauvée » en malgache, reflet exact de ce qui venait de se produire.
Pour Andy, qui collabore avec HoverAid depuis les années 1990, des situations comme celle-ci rappellent pourquoi ce partenariat compte tant. La MAF permet d’acheminer rapidement des équipes vers des lieux reculés comme Beroroha, rendant possible l’accès des populations aux médecins et aux soins qui sauvent des vies.
