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Vice Président Sur La Piste
Vice Président Sur La Piste

Imaginez que vous deviez démarrer une entreprise dans un pays étranger, dont vous n’êtes pas citoyen. Et pour ce faire, que vous deviez obtenir l’autorisation du président ou du vice président de ce pays. Comment feriez-vous ? C’est ce que nous avons vécu au Myanmar.

L’année écoulée nous a fortement questionné sur l’opportunité de commencer un programme de la MAF dans ce pays. Il faut savoir qu’il peut y avoir des facteurs que nous ne contrôlons pas. Mais un événement récent m’a vraiment ouvert les yeux pour affirmer que la MAF était sur la bonne voie au Myanmar.

Construire une piste d’atterrissage pour réduire l’isolement extrême

Je viens de rentrer chez moi au Bangladesh après huit jours sur des routes très accidentées dans le nord de l’état de Chin State au Myanmar. Plus tard dans l’après-midi, mon téléphone a commencé à déborder de messages reçus de la part de Deeram, notre administrateur au Myanmar et du docteur Sasa. Ce dernier dirige l’organisation Health and Hope au Myanmar.

Le vice président du Myanmar, avec plusieurs ministres du gouvernement, viendraient dans le village de Sasa à Lailenpi, situé en pleine montagne. L’objectif de cette visite était de se rendre compte sur place avant de prendre une décision sur l’autorisation à donner pour la construction d’une piste d’atterrissage. Ce projet avait été étudié et validé par la MAF un an plus tôt. Et notre administrateur voulait que je sois là pour la réception.

Parce qu’il faut 4 à 5 jours pour atteindre Lailenpi en venant du Bangladesh, j’ai eu moins de 3 heures pour me décider. C’est à dire juste le temps repartir au Myanmar. En pensant à l’importance de cette visite pour les habitants de cette région et pour l’installation de la MAF dans ce pays, je n’ai pas hésité. Je suis donc parti le lendemain matin sur un vol vers Yangon. Et après quatre jours épuisants, nous sommes arrivés par la route de montagne à Lailenpi.

Le vice président donne le feu vert !

Le vice président et plus de 40 fonctionnaires et membres du gouvernement sont venus en hélicoptères. Ajoutés à cela, plus de 18 véhicules qui ont fait le long trajet par la piste. Tous les ministres clés du gouvernement étaient présents : les ministres des Transports et des Communications, des Affaires étrangères, de la Construction, de l’Éducation, de la Santé. Auxquels s’ajoutait le Directeur en charge de la sécurité des aérodromes, que j’avais essayé en vain de rencontrer pendant un an et demi.

Les VIP ont été reçus par 2000 personnes. En fait, j’étais le seul expatrié dans la foule, debout au bout du long tapis rouge. Le responsable de l’aviation civile a fait un exposé sur le projet d’aérodrome au vice président et aux ministres. Puis, j’ai été questionné, en tant que représentant de la MAF, pour savoir quel type d’avion pourrait atterrir sur la piste.

Le vice président a ensuite tenu une réunion avec son cabinet sur place. Quelle était la décision ? Tout le monde a été d’accord pour dire que la piste devait être construite. Il s’est tourné vers le Docteur Sasa et a déclaré : « Le projet de construction de la piste est approuvé ». Immédiatement après, j’ai été accueilli sincèrement par le vice président qui a déclaré : « Nous avons besoin de ce type d’activité. Nous avons besoin de ce soutien. Merci et nous voulons travailler en coopération avec la MAF ».

Etapes importantes

En regardant en arrière sur les étapes clés que la MAF a vécu au Myanmar, nous pouvons voir clairement que rien ne s’est passé par hasard.

En 2013, la MAF a décidé d’étudier la faisabilité d’une installation dans l’État Chin au Myanmar. Elle a notamment recherché où et comment installer une piste. C’est alors qu’une personne qui connaissait la MAF nous a envoyé le docteur Sasa de l’organisation Health and Hope. Il savait l’importance de pouvoir utiliser l’avion, notamment en cas d’urgence médicale.

En 2015, il nous écrivait pour indiquer que les villageois souhaitaient vivement que la MAF construise la piste d’atterrissage. Par la foi, ils avaient déjà commencé à défricher des terres. En janvier 2016, nous avons fait un voyage à Lailenpi avec un ingénieur et une petite équipe de Singapour pour évaluer la faisabilité de créer une piste dans les montagnes. Ce serait difficile, mais pas impossible. C’était aussi un autre moment clé.

Ouvrir des portes

Les défis qui sont devant nous sont d’une part, la vérification par un ingénieur de l’orientation finale de la piste. Et puis d’autre part, le financement du projet. Le projet de développement de l’aérodrome que le MAF a commencé l’année dernière à Lailenpi a été un catalyseur de la transformation. Déjà, grâce à la visite du vice président, la promesse a été faite pour un investissement d’un million de dollars. Une partie servira pour améliorer trois kilomètres de routes, installer un générateur électrique, un hôpital.

Ils nous ont ouvert une porte, et c’est à nous d’y entrer. Cet aérodrome apportera une transformation dans la vie des hommes et des femmes de cette région. Cela servira à rompre l’isolement pour les générations à venir dans cette région du monde. Pour la MAF c’est un privilège et une joie de contribuer à cette transformation.

Récit de Chad Tilley

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