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Ryan Unger And  Staff Load The Cessna Caravan With Plumpy Sup For Tearfund In South Sudan.
Aide Alimentaire Pour Tear Fund
Aide Alimentaire Pour Tear Fund

C’est mercredi matin à l’aéroport de Juba au Sud Soudan, et la charge maximale du Cessna Caravan de MAF a déjà atteint sa limite avec seulement une « passagère »:

Des boîtes oranges et blanches remplissent le conteneur de fret sur plusieurs niveaux à l’intérieur. Ces boîtes sont remplies de petits sachets contenant un véritable trésor nutritionnel: le « Plumpy Sup » (de l’anglais plumpy, « grassouillet », « dodu »). C’est une des quelques variantes d’un supplément nutritionnel à base de cacahuètes qui a fait des miracles pour les bébés et les petits enfants souffrants de malnutrition.

L’association Tearfund, dont les stocks d’aide alimentaire composée de Plumpy Sup dans la région d’Uror étaient épuisés, tentait alors de s’en procurer malgré un climat politique et une situation financière défavorables. Avec l’arrivée imminente de la saison des pluies, le temps était enfin propice à ce que Tearfund puisse réserver deux vols MAF à destination de Motot, un village isolé situé à environ une heure et demi  de vol au nord de Juba.

Les pilotes Andrew Parker et Ryan Unger atterrissent sur une piste en terre de 750 m, qui s’avère heureusement être sèche en ce moment. Avec l’aide de l’équipe de Tearfund ils déchargent 55 boîtes puis repartent chercher les 55 boîtes restantes. Chaque vol transporte environ 900kg de Plumpy Sup.

« Tearfund est le seul fournisseur de produits nutritionnels dans cette région », explique Claudia Puschner, qui est chargée du programme de Tearfund au Sud Soudan. « Actuellement notre aide vise 38 429 femmes enceintes et femmes qui allaitent ainsi que les enfants en dessous de l’âge de cinq ans souffrant de malnutrition modérée ou sévère. C’est grâce au soutien généreux de MAF pour le transport d’aide alimentaire que ces campagnes sont possibles. »

Six centres d’alimentation sont répartis dans a région d’Uror, chaque centre étant ouvert un jour par semaine. Ce mercredi, c’est au centre Pulchoul, situé à une trentaine de minutes en voiture de Motot où se trouvent la piste d’atterrissage et le bureau de Tearfund. Lors de la crise de décembre 2013 quand des violences se sont propagées à travers le pays, toutes les voitures de l’association ont été volées. Depuis, Tearfund loue des véhicules pour se déplacer en attendant le remplacement de leurs véhicules.

Le responsable du programme Tearfund de cette région, Victor Nthiga, est assis sur le siège arrière d’un camion loué à direction du centre d’alimentation de Pulchoul. « Cela fait maintenant quelques mois que nous tentions avec difficulté d’obtenir ces provisions d’aide alimentaire, donc le fait de les avoir reçues est un grand événement pour Tearfund », explique Victor. « Dans la plupart des centres nous avons dû renvoyer certaines femmes et enfants, alors aujourd’hui c’est vraiment un jour de fête. »

À 11h30 le centre d’alimentation de Pulchoul est bondé de femmes et d’enfants. Nombre d’entre eux sont déjà venus puis repartis. Au milieu de la cour, un grand arbre offre de l’ombre ainsi qu’une branche à laquelle est suspendue une balance. Une foule de mères sont regroupées autour de Manyuon, le superviseur de l’aide alimentaire de Tearfund, et attendent que leurs bébés soient pesés.

Un bébé terrifié se met à hurler lorsque, nu, il est placé dans le harnais bleu foncé. Le prochain bébé, lui, reste assis sereinement. Une des mamans a des jumeaux. À quelques mètres de là, des bébés en pleurs sont retenus par leurs mères pendant qu’on les mesure avec un appareil en bois. De l’autre côté de la cour, des travailleurs mesurent de tous petits bras et prennent des notes sur des carnets de santé froissées et tachées; ils indiquent combien de sachets de nourriture chaque bébé recevra pour la semaine. À la dernière station, les mères font la queue pour recueillir leur ration.

De larges paniers tissés sont dispersés sur le sol. Toutes les mères amènent leurs bébés au centre dans un duony, le long panier traditionnel porté sur leur tête. La plupart ont marché plus d’une heure pour arriver à la clinique. Nyadieng Ruth a porté son bébé de deux ans sur la tête pendant quatre-vingt-dix minutes. Lorsqu’elle a amené la petite Nyayuni au centre il y a deux mois de cela, celle-ci souffrait de diarrhées sévères et de malnutrition et avait des douleurs dans les oreilles. Nyadieng est toujours inquiète, mais dit que l’enfant réagit positivement à la nourriture Plumpy Nut et qu’elle va mieux.

Muot, l’enfant de Chul Malual, se porte beaucoup mieux depuis un mois grâce à ses visites au centre. Il avait deux ans lorsque sa mère l’a emmené pour la première fois, et ne pesait que 6,7 kg. Un mois plus tard, il pèse 9,3kg et mange les sachets de Plumpy Nut sans aide. Le mari de Chul est décédé il y a quatre ans, la laissant seule pour s’occuper de ses quatre enfants. Elle possède quelques vaches et chèvres mais la nourriture de son jardin est épuisée. Elle compte donc vendre de son bétail pour pouvoir acheter de la nourriture, elle précise même qu’il y n’y a pas grand chose à acheter dans les marchés.

Informations supplémentaires:

Le staff de Tearfund a été obligé d’évacuer la région en décembre 2013 suite à l’éruption de violences, mais a pu retourner en avril 2014 où il a été chaleureusement accueilli par la population locale.

La Chargée du programme Claudia Puschner est arrivée avec toute l’équipe. « Ce qui m’a le plus frappé », a fait remarquer Claudia, « c’était la maigreur des jambes et bras de la population, et surtout des enfants. Lorsque j’étais ici pour la dernière fois en novembre 2013, 17% de la population souffrait déjà de malnutrition, un pourcentage inquiétant.

Depuis lors, les gens d’Uror ont accueilli des milliers de réfugiés et ont partagé avec eux toutes leurs ressources: la nourriture, l’eau, le logement – ce qui a eu pour conséquence de diminuer encore plus rapidement le peu qu’ils avaient déjà – Le conseiller en nutrition de Tearfund, George Kirimi, m’a alerté sur le fait qu’en janvier 2014 le nombre d’enfants traités pour malnutrition dans les centres d’alimentation est déjà plus du double de celui de janvier 2012.

De surcroît, une partie importante de la population ne peut pas assurer la saison annuelle des semailles, soit pour manque de graines à planter, soit parce que leur santé ne leur permet pas de cultiver la terre. George prédit une détérioration rapide de la situation à Uror. » Environ un tiers des enfants du comté sont sous-alimentés, et ce nombre a augmenté de façon alarmante en raison du conflit de décembre dernier.

La situation a eu pour conséquence des déplacements forcés, la destruction de marchés, des moyens de subsistance irréguliers et la perspective d’une saison de plantation manquée. Les Nations Unies et d’autres organisations internationales prédisent une famine sévère.

George Kirimi annonce que « malheureusement, les enfants ainsi que les femmes enceintes ou qui allaitent sont les premiers à subir cette famine. Le résultat c’est que les enfants n’auront pas une croissance et un développement optimal. » Dans la région d’Uror, les programmes d’aide alimentaire de Tearfund ont répondu à la crise, celle imputable à l’homme et celle imputable à la nature, y compris les conflits tribaux et les inondations sévères coutumières dans le pays.

Les programmes de Tearfund comprennent l’eau, la stérilisation, l’hygiène, la nutrition et la distribution des petits essentiels du quotidien.

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